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Victoire de Castellane est une créatrice de joaillerie française. Elle vit et travaille à Paris.

Elle a commencé sa carrière au côté de Karl Lagerfeld chez Chanel, supervisant la collection de bijoux fantaisie pendant quatorze ans. Depuis 1998, en rejoignant la maison Christian Dior elle a obtenu une reconnaissance internationale comme directrice artistique de la Joaillerie de Christian Dior, un rôle qu’elle tient encore aujourd’hui.

Son travail personnel a été exposé dans des espaces d’art, à l’image de ses expositions Fleur d’excès, Animalvegetablemineral, qui se sont tenues respectivement à la galerie Gagosian Paris en 2011 et Gagosian Londres et New York en 2014.

Famille et enfance

Victoire de Castellane est née dans une famille aristocratique française. La maison de Castellane une des plus vieille de France remonte à l’an mil. On y compte des princes régnants, des croisés, des archevêques et des maréchaux. Victoire de Castellane est l’arrière petite nièce de Boniface ‘Boni’ de Castellane (1867-1932), dandy et légende de la Belle Époque.

Victoire de Castellane a été élevée en partie par sa grand-mère maternelle et son oncle, Gilles Dufour, un des principaux collaborateurs de Karl Lagerfeld, d’abord chez Fendi puis chez Chanel.

Elle a souvent expliqué son amour de la joaillerie par le spectacle de sa grand-mère paternelle, Silvia Hennessy, née Rodriguez de Rivas, Comtesse de Castilleja de Guzman « changeant ses bijoux plusieurs fois par jour, pour qu’ils s’accordent avec ses tenues. » Sa première incursion dans l’art de la joaillerie, à cinq ans, consista à démonter un bracelet porte-bonheur offert par sa mère pour en faire une paire de boucles d’oreille. A douze ans, elle créa sa première bague, réalisée avec l’or fondu des médailles religieuses offertes pour la première communion.

Elle a grandi et fait ses études à Paris et avouera avoir « détesté l’école. »

Au début des années 80 Gilles Dufour emmène fréquemment l’adolescente dans les boîtes de nuit courues, notamment au Palace. Elle en profite pour s’amuser avec ses vêtements, essayant des styles colorés, ludiques, flamboyants, ultra-féminins, n’hésitant pas à porter des serre-tête oreilles de Mickey ou diablesse ou de la lingerie par dessus ses tenues.

Chanel (1984-1998)

Victoire De Castellane rejoint la maison Chanel en 1984, où elle débute en tant qu’assistante de studio. Le couturier, Karl Lagerfeld lui demande bientôt de superviser le développement des bijoux fantaisie. Pendant ces quatorze années où elle travaille chez Chanel, elle sera une source d’inspiration pour Lagerfeld, apportant son sens ludique de la mode aux bijoux fantaisies, utilisant des références aux dessins animés et à la culture pop.

Lagerfeld dit de Victoire de Castellane qu’« elle suit les règles qu’il préfère dans la vie : ne pas comparer, ne pas être en compétition. Vous la regardez et vous comprenez tout de suite ce qu’elle veut dire. »

Il arrivait à Victoire de Castellane de défiler pour la maison.

Dior Joaillerie (1998-présent)

En janvier 1998, Bernard Arnault, PDG de LVMH, annonce le lancement de la première ligne de joaillerie de la maison Christian Dior, Dior Joaillerie. Il nomme alors Victoire de Castellane directrice artistique de la Joaillerie.

Depuis le lancement de Dior Joaillerie, Victoire de Castellane a été saluée pour avoir révolutionné l’univers de la joaillerie. Reconnue pour être une des plus créatives et intrépides créatrices de bijoux, elle a créé des pièces aussi bien imposantes que discrètes, jouant avec les barrières séparant le naturel de l’artificiel, initiant également l’utilisation de pierres semi-précieuses et d’or laqué pour créer une palette de couleurs exubérante et illimitée.»

Les créations de Victoire de Castellane sont caractérisées par la combinaison de pierres précieuses classiques, telles que les diamants, les rubis, émeraudes et les saphirs, avec des pierres semi-précieuses pour susciter des récits fantasques et fantastiques, des contes de fées, des vanités, ou évoquer des éléments de la vie et de l’œuvre de Christian Dior, comme son jardin de Milly-la-Forêt.

Ses sources d’inspiration accueillent des motifs floraux ou végétaux, aussi bien que le “Technicolor, Alice aux Pays des Merveilles, des personnages de manga, les frères Grimm, les films de Walt Disney, les fleurs Vénus attrape-mouche, les confiseries, les excès visuels de Bollywood et les profondeurs obscures de l’inconscient.”

Avec pour caractéristique une grande richesse de contrastes, ses créations présentent des éléments disproportionnées ou minuscules. Mimioui, avec un diamant solitaire monté sur une fine chaîne, a été conçue comme la plus petite bague au monde. Par opposition, la collection Incroyables et Merveilleuses en 1999 proposait des bagues de taille imposante, avec de grandes pierres de 80 carats des morganites, rubellites, améthystes, aigue marines ou des béryls naturels verts.

Chaque année, Victoire de Castellane crée pour Dior une collection de Haute Joaillerie et une de moyenne Joaillerie. Elle conçoit également de nombreuses commandes spéciales pour des particuliers.

Dans une initiative sans précédent pour l’industrie du luxe, certaines pièces de la collection Belladone Island de Dior Joaillerie ont été présentées en avant-première le 12 janvier 2007 dans le monde virtuel Second Life. La collection a ensuite été présentée dans son intégralité le 27 février dans la salle des Nymphéas de Claude Monet au Musée de l’Orangerie à Paris.

En 2009, Victoire de Castellane a célébré son 10ème anniversaire chez Dior Joaillerie avec la collection Reines et Rois. Chacune des vingt pièces – dix Reines et dix Rois – proposait un crâne en ronde-bosse, taillés dans des pierres ornementales souvent translucides, telles que la chrysolite, la calcédoine et le jade, ensuite habillées de colliers ou de couronnes incrustés de diamants.

En 2011, elle a présenté la collection Bal des Roses – en hommage à la fleur préférée de Christian Dior,– au Musée Rodin à Paris. Elle proposait douze pièces uniques évoquant la vision de femmes assistant à un bal dans leurs plus belles tenues de couture. Chaque pièce portait le nom d’une robe Dior des années 50.

En juin 2012, on compte quarante boutiques Dior Joaillerie dans 17 pays.

Les femmes comme inspirations

Victoire de Castellane reconnaît volontiers que les femmes, le corps et l’univers féminin sont ses principales sources d’inspiration. Elle précise « aimer aussi bien les pin-ups que les vieilles dames coquettes. J’adore le glamour, les artifices du style hollywoodien, Marilyn et Liz Taylor dans Cléopâtre. Je les observe, jeunes ou vieilles, masculines ou très féminines. J’aime leur voix, leur démarche, leurs talons, leurs bijoux et leur gestuelle. »

Un autre aspect déterminant de son travail tient à son désir de créer des bijoux qui donnent aux femmes du pouvoir et qui les protègent. Dans un entretien donné en 2011, elle précisait « Je crée des bijoux qui sont les amis des femmes, qui les protègent. Je voudrais qu’ils leur donnent la capacité d’échapper à la réalité. »

Expositions

En mars 2011, la galerie Gagosian a présenté à Paris la première exposition personnelle de Victoire de Castellane baptisée Fleur d’excès.

Une collection de dix pièces uniques composée de bijoux en matières précieuses intégrée dans un socle sculpté en pierre dure. Chacune de ces pièces hybrides, dotée de fausses appellations scientifiques telles que L. Es Delirium Flash, Quo Caïnus Magic Disco et Heroïna Romantica Dolorosa contient un élément amovible et peut être exposé comme « un bijou au repos, en attente d’être porté ».

Alors que leur dénomination renvoie aussi bien aux plaisirs illicites induits par les substances hallucinogènes, les pièces elles-mêmes prenaient un sens plus vaste, dépeignant des scènes narratives où les fleurs jouaient le rôle d’héroïnes.

En Janvier et Mars 2014 se tient la seconde exposition personnelle des créations uniques Animalvegetablemineral de Victoire de Castellane à la galerie Gagosian Davis Street, Londres et Gagosian Madison Avenue, New York.

“Victoire de Castellane présente de nouvelles pièces uniques faisant suite à son exposition Fleur d'excès chez Gagosian Paris en 2011. Des fleurs imaginaires en or laqué coloré, un serpent bleu saphir langoureux sur son rocher, des sortes de végétaux marins poussant sur des roches d'argent... Sous leur cloche de verre, éclairées d’une lumière de lune, les créations invitent à la rêverie. Ces bagues, bracelets, colliers sont certes des bijoux, mais, posés sur leur socle-partie intégrante de l'oeuvre - ils prennent vie de manière autonome. La bague fleur devient un bourgeon éclos de sa base en goutte d'eau. Les matières s'imbriquent dans une alchimie provoquées par la créatrice. Des minisculptures précieuses qu'on regarde comme au musée, dont les diamants, les rubis et les émeraudes dessinent un univers romanesque.”

Le Figaro, 2 Fevrier 2014, Florentin Collomp

Récompenses et apparitions

Victoire de Castellane a joué un petit rôle dans le film Marie Antoinette de Sofia Coppola en 2006.

Elle a reçu la Légion d’Honneur en février 2007.

Citations

« Je commence toujours par un univers, par un récit, jamais par les matériaux. Mes histoires sont inspirées par tout ce que j’observe et vis – la rébellion, l’amour, la sexualité, le plaisir, la violence, la protection, la psychanalyse et par mon goût pour les contes de fée. »

[Catalogue de l’exposition Fleur d’excès, à la galerie Gagosian en 2011]

« Je ne peux pas m’attacher à quelque chose qui meurt aussi vite, je fais donc des fleurs qui vivent éternellement. »

[Nowness]

Bibliographie

Dior Joaillerie. Rizzoli (2012)

Victoire de Castellane, Fleurs d’excès. Galerie Gagosian Paris (2011)

Belladone Island. Steidl (2007)

External links

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